Banques et creation d'entreprise

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Il est d’usage en France, surtout en périodes d’élections et spécialement à droite de l’échiquier politique de critiquer l’administration, le gouvernement (même si celui qui est au pouvoir et du même bord que les “critiqueurs”) à propos de la création d’entreprise. Certains en font même leur fond de commerce et ainsi créent leur véritable entreprise basée sur la critique de ces fonctionnaires et administrations qui d’après eux ne comprennent rien et empêchent la soi-disante énorme énergie française créatrice..

La réalité est bien sûr différente. L’administration fonctionne assez bien et a des personnes compétentes. Les procédures ont été simplifiées et il n’est pas forcément compliqué de créer une entreprise.. Bien sûr, on peut s’épuiser en s’occupant soi-même de toute la paperasse et être ainsi effaré de ce qu’il faut rassembler et faire mais n’est-ce pas là aussi qu’il faut prendre une première décision d’entrepreneur, à savoir sous-traiter ça à son comptable pour s’occuper de l’essentiel: chercher et trouver des clients.. car ce sont EUX qui financeront l’entreprise (et surtout pas les investisseurs, les parents, amis ou aides gouvernementales ou régionales .. comme on en a parfois l’impression à lire les forums et les blogs de “créateurs” qui ne parlent que de ça et jamais de la façon de trouver des clients et en recevoir de l’argent.. ce qui est dans certains cas plus dur que ce qu’on croit…).

Un des principaux réels problèmes, rarement abordé (à tel point qu’on se demande si une sorte d’omerta ne règne pas à ce sujet), pour un entrepreneur, c’est la BANQUE. De la banque seulement dépend votre avenir en cas de coup de ciseau du BFR, en cas de retard de paiement de clients importants et aussi pour l’avenir personnel de l’entrepreneur qui n’étant pas un salarié devra être très mignon avec sa banque si il veut un jour pouvoir emprunter personnellement pour s’acheter par exemple un appartement.

Un ami ex banquier et maintenant investisseur et conseil en investissements ou plutôt “accompagnateur de projets” (si vous avez un projet intéressant n’hésitez pas: da-ose), Sebastien Descours, a, lors d’une discussion politico-économique sur une liste de discussion d’anciens d’une école de commerce, écrit ce qui suit à propos des banques et de leur rôle dans la création d’entreprises:

Subject:  Sur le rôle des banques....

Content que le sujet soit abordé. Permettez-moi de vous livrer quelques enseignements tirés de 13 années passées dans le secteur bancaire.

(Excusez-moi d'avance: ça va être un peu ardu.)

En tant qu'ancien employé de banque (!) ayant exercé des responsabilités dites d'exploitation, j'ai vu et participé, suite à la crise des PME de 1993, au resserrement des conditions d'analyse du risque. Et de montée des tarifs bancaires.

Le deal passé en son temps avec les gouvernements de l'époque (Bérégovoy) était clair: vous nous laissez quelques (sic!!) avantages en particulier fiscaux et concurrentiels et en échange, nous, les banques, nous prenons en charge une décroissance douce de nos effectifs non qualifiés pour ne pas vous péter la courbe du chômage et nous continuons de financer l'activité des PME.

15 ans plus tard, où en-est-on?

Les banques ont gardé voire consolidé leur avantage: ce que peu de gens savent, c'est qu'au pays du libéralisme en marche, les grands banquiers ont obtenu que personne ne puisse créer un établissement bancaire sans être filiale à plus de 50% d'une banque reconnue. Oligopole??? Du coup, bizarrement, les conditions de crédit et les frais bancaires se sont envolés depuis quelques années (cf les études du CLCFV)

Que les frais bancaires explosent, bon... Ce n'est que de l'argent et c'est vrai qu'ils étaient en retard. En revanche, ce qui est dramatique, ça a été un deuxième outil mis en place, et cette fois-ci internationalement: les ratios de Bâle. Ceux-ci qui ont succédé au ratio Cooke, imposent catégories de crédit par catégorie de crédit, un montant minimal de fonds propres.

Ils sont calculés sur la base de plusieurs critères: risque de contrepartie (quelles sont les chances que mon client se péte la gueule), validité des garanties (s'il se pète la gueule, combien je récupère), risque de liquidité (si je veux vendre mon crédit à une autre banque, est-ce que quelqu'un va me le prendre)(d'où développement des hedges funds et du risque systémique associé), risque de réputation (si je finance l'industrie du sexe ou de la drogue, est-ce que ça va faire fuir la veuve de Carpentras), etc...

Bon, une fois qu'on a calculé ce risque, on doit le couvrir par un montant minimal de fonds propres. Ceux-ci en comptabilité analytique coûtent quelque chose à la banque (en général, l'objectif de rentabilité de la banque, souvent 15%) et sont déduits de la rentabilité de la relation avec le client. Comme le temps passé de vos conseillers préférés.

Vous suivez toujours?

Du coup, le pilotage d'une banque et de sa rentabilité va être fait à l'aune de ces ratios. Ils vont permettre de choisir les types de crédit et d'emprunteurs les plus avantageux. Si au moins, on réinjectait les profits des banques dans les fonds propres, on pourrait espérer que petit à petit une partie finissent dans les PME? Mais l'irruption des fonds de pension étrangers, qui détiennent plus de 50% du capital de nos banques, les conduisent à verser de plus en plus de dividendes, amoindrissant d'autant les fonds popres disponibles et augmentant de plus leur aversion au risque.

Du coup, au lieu de faire du crédit en blanc ou de financer des machines, les banques vont préférer faire du crédit à la consommation (qui sur l'instigation des américains, maîtres en la matière, sont considérés comme surs et très rentables même s'ils conduisent les gens dans la déche), du crédit immobilier, parce qu'il y a un bien en face et qu'on se contrefiche du fait qu'on va mettre à genoux des centaines de milliers de famille avec des taux variables ou des durées invraisemblables, (même le patron de Exane - BNPP Pribas le dit, dans une intervivew à Marianne, c'est dire...)). (A croire qu'ils sont dirigés par des révolutionnaires qui veulent pousser au désespoir une partie de la population pour la jeter dans la rue. Des fois, je me dis, comme au temps de Marchais et du communisme, que nos leaders sont payés par leurs ennemis politiques pour adopter un comportement qui en toute logique conduit à la destruction, de ce qu'ils prônent...)

Ou, pour les entreprises, du factor.

Quid du deal d'origine? Oublié. A-t-on pour autant supprimé les avantages indus? Que nenni. Si on prend l'un d'entre eux qui est le financement de l'économie par les FCPI (Fonds Commun de Placement à Risques) qui donne lieu à des avantages considérables en termes de fiscalité de l'assurance vie, la contrepartie demandée aux assurances et aux banques était de consacrer 2% de leurs investissements dans ces véhicules. On est glorieusement à 1,2%. Sanction? Aucune. Ce sont vous contribuables qui réglez la note et participez aux profits des banques et assureurs. (Des fois, je me demande si on n'invente pas des nouveaux impôts pour créer des produits défiscalisants et permettre aux banques et assurances d'empocher les 2,5 à 5% de commissions de gestion...)(en tout cas, il y a des précédents historiques, la loi sur les investissements hôteliers par exemple)

Bon, dans tout ça, nos entrepreneurs? J'ai été le banquier d'internet en 99/2000. 1/6ème des fonds investis arrivaient dans mes agences. Pas que j'étais plus beau ou plus intelligent que la moyenne, non, juste que j'étais un des seuls banquiers de France à accepter d'ouvrir un compte à ces "gens-là". (Je me faisais bien engueuler d'ailleurs.)

Car, on en est là. Pour une société en création, il est devenu difficile ne serait-ce que d'ouvrir un compte. Je ne vous parle pas d'obtenir un crédit autre que du factor. Alors que nous allons vers la société de la connaissance et donc de l'immatériel et de sa valorisation, impossible aujourd'hui d'obtenir un crédit pour du jus de cerveau ou des équipes comemrciales.

Alors, la relance par les PME? Oui, bien sur mais il faudrait que l'acteur principal accepte de rejouer son rôle.

Il y aurait bien une idée simple: augmenter les taux pour mieux couvrir les risques. Quel entrepreneru ne serait pas prêt à prendre un crédit à 8% plutôt que de ne pas avoir de crédit du tout?  Pas moyen d'obtenir ça des banques. Tout se passe comme si elles avaient décidé d'étouffer globalement le secteur des PME par absence de moyens. Comme si elles soutenaient à fond le développement des grands groupes au détriment d'un tissu de PME. Libéralisme, vous dites? Mais, en cumulant le PNB généré par les grands groupes et ceux qui en dépendent (sous-traitance entre autres), on s'aperçoit que l'économie est plus dirigiste aujourd'hui qu'en ... Pologne sous le communisme avec les conglomérats. Impressionnant, non?

Restent les investissements en capital me direz-vous. C'est exact et la présence des fonds d'investissement est aujourd'hui massive dans le secteur des PME de croissance, heureusement. Si vous interrogez l'AFIC, (Association Française des Investisseurs en Capital) ils vous diront la même chose que ce qui précède. (mais plus diplomatiquement) Cet organisme en a même appelé au chef de l'Etat l'an dernier tellement le sous-financement bancaire commence à être préocucupant.

Il y a toutefois deux limites à cette présence bienfaisante:
- l'absence totale d'acteurs financiers dans la tranche et les secteurs qui ont le plus besoin de capitaux pour croître: levées de 300 k€ à 1 million €, secteurs industrie et commerce. Seuls quelques business angels malins s'y risquent, cest tout.
- Le fait que massivement, ces fonds servent à payer la retraite de la retraitée du Minesota, qui sincérement n'en a rien à faire de nos problèmes quotidiens et futurs et veut un rendement immédiat, souvent contradictoire avec un développement à terme. Et donc prête à se dégager au moindre problème. D'où une réelle fragilité de la stabilité du capital. Et, alors que ce statut avait quasiment disparu, l'arrivée en force des SCOP (Sociétés Coopératives Ouvrières de Production, ou chaque employé dispose d'un droit de vote égal, si, si, ce n'est pas un blague ou du MARX ou du Engels, c'est le statut à la mode...)

Le comportement des banques est aujourd'hui criminel, en ce sens qu'il conduit notre pays (et les autres) à une mort lente par étouffement et non-régénération du tissu des sociétés, en particulier industrielles, ou du moins toutes celles qui ont besoin de capitaux pour se développer, et donc à une concentration sur quelques groupes mondiaux des moyens disponibles (nos "champions").

Au profit de qui? Le Yalta du partage des tâches au niveau mondial, conduisant à désindustrialiser les pays occidentaux pour permettre la croissance des pays en développement peut être considéré comme moral. Le commerce reste le principal frein à la guerre et il n eme déplaît pas de penser que le spetits chinois ne meurent plus de faim. Il n'empêche que la décroissance de nos pays devient rapidement préoccupante, déstructurant le tissu social. Et le secteur bancaire en est largement responsable.

Pour sortir de ça? Oh, deux trucs très simples, sur lesquels Bruxelles d'ailleurs travaille:
- suppression de l'oligopole et introduction donc d'une réelle concurrence,
- obligation de consacrer un minimum de fonds propres (20%?) au crédit entreprises PME. (en excluant bien sur les filiales de groupe)

Ou bien, il faudra réfléchir à une suppression de tous les avantages fiscaux obtenus au cours du temps (ça c'est beaucoup trop cher pour eux) pour, par une agence d'Etat (sic...), les réinvestir dans les PME.

Vous avez dit Libéralisme?? Moi, j'aimerais bien que les libéraux le soient pour de vrai.

Que disent nos candidats?

S.D.

Commentaires sur: Banques et creation d'entreprise

;-))) il faut bien ramer un coup à droite et un coup à gauche pour espérer aller le plus loin possible sur la rivière du pouvoir.. surtout quand on joue tout sur la comm ;-))

Rédigé par : PM | 2 avr 2007 20:06:04

Il n'y a pas de candidat libéral à la présidentielle.
Les récentes déclarations de Sarkozy font passer Marie Georges Buffet pour une groopie de Milton Friedman.

Rédigé par : Joseph | 2 avr 2007 19:59:01

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