Guerre et twitter

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La guerre moderne, permanente et omniprésente, a aussi sa déclinaison sur les réseaux sociaux et notamment sur twitter.

La structure des réseaux sociaux, leur facilité d'utilisation ont complètement submergé les traditionnelles censures de communication des militaires classiques.

Leurs ennemis, qui sont pour la plupart des mouvements de guérilla ou de terrorisme suivant le camp où ils sont, ont rapidement compris l'intérêt des réseaux sociaux et la rentabilité extrême qu'ils pouvaient en tirer.

Twitter, de par sa facilité d'utilisation et grâce au relatif anonymat qu'il peut fournir, ainsi que par sa clientèle classique et sa structure (+ axée sur les sujets de conversations que sur les relations des gens) est devenu LE terrain d'affrontement de la guerre moderne d'information, parfois classée dans la cyberguerre alors qu'elle mériterait d'être une catégorie à part.

En quelques années, Twitter est aussi devenu LE media par lequel de plus en plus de gens prennent connaissance des nouvelles du monde et actualités. Twitter est simple d'utilisation notamment sur mobile et les journalistes, noyés dans la crise des médias et l'anonymat de la presse classique ont trouvé en twitter le moyen d'exister sous leur nom, ce qui les motive sacrément à lâcher sur twitter de l'info croustillante, exclusive et rapide. Par ailleurs, tout tweetos peut devenir journaliste d'un jour et fournir un scoop ou une info de terrain importante qui n'aurait jamais donnée si vite par les moyens classiques.

Sur twitter, le maître du jeu est l'opposant. Le fort ne peut que se défendre contre les attaques de l'opposant, que ce soit en politique classique où chaque tweet d'un gouvernant sera jugé, examiné, interprété alors qu'un tweet d'opposant n'a que la valeur de la flèche qu'il envoie vers les gouvernants.

Face à l'offensive d'organisation comme les shebabs somaliens, Al Qaeda, Aqmi, Isis, les organisations occidentales et spécialement leurs armées (quand elles s'en occupent ..) ne peuvent que réagir sur le plan de la communication et tenter d'infiltrer les réseaux d'en face en espérant arriver à établir un plan des sympathisants qui aide à les identifier dans le monde réel (et en espérant une erreur qui par exemple via une photo avec données Exif permettra de connaître l'endroit où est le tweetos ou ses amis).

A ce propos d'ailleurs, on a du mal à comprendre comment cela se fait qu'en ayant accès à toutes les données de twitter, Facebook, Linkedin, Google, Yahoo, Apple, Youtube, la NSA et autres services américains ne mettent pas moins de temps à éliminer certains de leurs ennemis.

Ainsi, les shebabs somaliens qui ont tué les soldats français venus tenter de libérer leur camarade ont vu leur chef tué récemment "seulement" alors qu'ils ont communiqué à l'époque sur twitter pendant toute l'opération (ils y avaient publié la photo d'un des soldats français morts) et que la longue liste de leurs followers et des followers de ceux-ci fournissait forcément, via les données conservées par twitter, des lieux de connexion et d'autres informations.

L'établissement du plan d'un réseau d'ennemi est en principe simple mais en réalité compliqué et long. A partir des émetteurs de messages identifiés comme "ennemis", il faut établir les liste des followers puis des followers de followers.

Il faut aussi établir la liste des "followings" et des followers de followings et followings de followings.

Ensuite, il faut chercher les comptes communs à tout ce qu'on a ramassé pour voir si au final les émetteurs de messages suivent quelques comptes précis ou ont un noyau de comptes qui les suivent.

On peut aussi arriver à des cas où les gens se suivent réciproquement.

Au passage il faut aussi écrémer les faux comptes, les bots, les comptes de journalistes, les comptes des veilleurs.

On peut aussi récupérer d'étranges comptes qui suivent peu de personnes et ne tweetent jamais. On peut alors penser que twitter est alors utilisé simplement comme moyen de communication.

Les heures d'intervention, les mots utilisés, leur fréquence, le % de retweets, et d'autres indicateurs aident bien sûr aussi à identifier une "obédience" ou une intox ou peut-être à prédire des changements à venir ou un évènement qui se prépare à condition qu'on ait suffisamment de données pour avoir un bon étalonnage de conditions d'activité "habituelles" de ce qu'on surveille

Tout ceci nécessite des outils faits à la main (car l'API de twitter menace de changer à chaque instant), une grosse puissance de serveur et des "analystes" qui n'ont pas forcément de grosses connaissances techniques mais plutôt d'énormes connaissances sur les usages du web et sont eux-mêmes des utilisateurs avertis de twitter.

Une fois qu'on a ébauché une idée de réseau, on peut tenter d'accélérer les découvertes avec un compte infiltré, ce qui nécessite au préalable d'avoir créé en permanence, auparavant pour être crédible, des comptes qui ont toujours eu une activité.

Par ces moyens, on peut aussi couper le recrutement du camp d'en face comme a priori la DGSI commence à le faire avec les apprentis djihadistes français mais cela pose aussi des problèmes juridiques puisque là comme sur le reste du net, les lois classiques ont aurant de trous qu'une passoire voulant récupérer de l'eau.

Bien sûr, la communication ou propagande prend aussi une part importante de l'action que peut mener un "tenant" ou fort sur twitter mais c'est à double tranchant. Trop de propagande peut renforcer le camp d'en face et peut aussi faire douter des indécis. Par ailleurs, la propagande destinée à renforcer son propre camp a souvent un effet différent sur es indécis ou les opposants.

En communication, le "faible" ou celui qui apparaît comme faible à toujours raison et donc, le fort ou le "tenant" a parfois intérêt à plutôt ne rien faire et laisser faire, pour même tenter d'apparaître comme celui qui est attaqué, donc comme le faible.

Les opposants terroristes ou guerillas sont eux beaucoup plus orientés dans la communication car elle leur permet de recruter, de faire passer des messages que les moyens classiques ne leur permettent pas notamment auprès des jeunes et des citoyens de pays lointains par rapport à la zone du conflit.

En multipliant les messages, les provocations et en cherchant un maximum d'echos (retweets notamment), ils arrivent (encore mais de moins en moins au fur et à mesure que les gens commencent à relativiser ce qui se passe sur twitter et à connaître les manipulations possibles) à apparaître beaucoup plus forts et importants qu'ils ne sont (et on connait le pouvoir de la "fumée" et de l'enfumage de l'antiquité à l'époque moderne avec la révolution russe de 1917 ou les prises de pouvoir en Afrique avec de simple 4x4 auxquels étaient attachés de arbustes histoire de faire croire que des forces importantes arrivaient).

Dans cet affrontement de communication, ce qui s'est passé entre l'ISIS et les USA à partir de l'assassinat de James Foley est typique: http://www.businessinsider.com/afp-us-cyber-warriors-battling-islamic-state-on-twitter-2014-8

Les conflits russo-ukrainiens et israelo-palestiniens sont aussi de bonnes occasions de voir comment se déroule concrètement la guerre sur twitter car contrairement aux autres guerres actuelles, ces 2 conflits n'opposent pas vraiment de bons aux mauvais ou de forts aux faibles.

Russes et Ukrainiens sont tellement mélangés entre eux et dans leurs intérêts que le plus malin des siloviki ou le plus antirusse des ukrainiens doit avoir du mal à retrouver qui est qui et qui dit quoi de vrai sur twitter, exception faite des comptes officiellement déclarés pour l'un ou l'autre camp .. à condition qu'on exclut l'hypothèse (pas si farfelue que ça) que certains comptes soient des pots de miels pour attirer des opposants que l'on veut contrôler et intoxiquer.

Palestiniens et israéliens sont eux tellement opposés avec des buts de guerre tellement clairs que finalement, leurs éructations sur twitter et celles de leurs fans sont un jeu à somme nulle sans aucune chance de gain pour l'un ou pour l'autre à part peut-être continuer à entretenir l'affrontement et donc le financement d'Israel et de la Palestine qui sans guerre et donc sans intérêt du reste du monde, auraient le plus grand mal à tenir économiquement .. mais ceci est une autre histoire ..

Dans tous les cas et comme dans bien d'autres domaines, les tactiques et méthodes que la guerre "amènera" sur twitter, ne serait-ce que par les énormes budgets qui y sont consacrés par les USA, la Chine et la Russie, auront des applications en guerre économique, marketing et politique.

Quelques articles intéressants à ce sujet:

http://www.businessinsider.com/afp-us-cyber-warriors-battling-islamic-state-on-twitter-2014-8

http://www.theatlantic.com/international/archive/2014/06/isis-iraq-twitter-social-media-strategy/372856/

http://www.wired.com/2011/07/darpa-wants-social-media-sensor-for-propaganda-ops/

http://www.theguardian.com/world/2014/jul/08/darpa-social-networks-research-twitter-influence-studies

 

Guerre et twitter dans Actualités, Twitter | septembre 14, 2014 | Commentaires (0)


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